Combien de logements supplémentaires sur le site de l’ancien golf?

Quels sont les plans pour l’ancien golf de Chambly? La conservation du dernier espace vert est-elle en situation précaire?

Le plan de 2011, proposé par Alexandra Labbé

Dans le dossier de l’ancien golf, deux visions s’affrontent : celle de la mairesse sortante Alexandra Labbé et celle du parti Démocratie Chambly de Julie Daigneault. Retour sur leurs propositions.

Le sort de l’ancien golf dans les programmes électoraux

Dans le programme électoral de la candidate Labbé, l’ancien golf n’est pas mentionné.

Dans le programme de Démocratie Chambly (DC), en 2021, le parti s’engage à « Tout mettre en œuvre pour conserver notre dernier grand espace vert, l’ancien golf, pour en faire un espace écologique ».

Le débat de la CCIBC

Lors du débat organisé par la Chambre de commerce et d’industrie du bassin de Chambly, et dans un texte sur Facebook reprenant (avec quelques changements) les paroles qu’elles avait prononcées lors de ce débat, voici ce que Mme Labbé disait :

« Prioritairement il va falloir régler le problème majeur de circulation sur l’intersection Périgny et Daigneault et ce serait complètement irréaliste dans ce contexte-là de promettre de protéger 100% de l’espace restant parce que ces infrastructures routières-là, il faut les aménager quelque part. Je persiste par exemple à croire que nous sommes toujours en mesure de maintenir le plan qui a été présenté aux citoyens en 2011, celui qui promettait un neuf trous de golf au centre du projet, en proposant plutôt la conservation, le reboisement et l’aménagement de cet espace naturel pour répondre aux besoins de la population. Je suis convaincue que je serai en mesure de trouver les subventions et le financement nécessaire pour réaliser cet important projet et pour qu’il ait le moins d’impact sur vos comptes de taxes, il suffit de bien le planifier. »

« Cet engagement est le même que celui que j’ai pris lors de la campagne 2019, je le maintiens et j’ai maintenant la certitude que je suis celle qui sera en mesure de le réaliser. Vous pouvez compter sur moi ! »

Outre quelques changements cosmétiques, le principal changement entre le texte qu’elle a lu et le texte qu’elle a publié sur Facebook, c’est le remplacement des mots « celui qui promettait un neuf trous de golf au centre du projet » par « qui incluait un important espace récréatif au centre du projet ».

Quel est donc le plan de 2011 ?

L’illustration apparaissant en tête de ce document est extraite du « RÈGLEMENT NUMÉRO 32-11-11 MODIFIANT LE SCHÉMA D ‘AMÉNAGEMENT RÈGLEMENT NUMÉRO 32-06 COMPLÉMENT ARGUMENTAIRE (NOVEMBRE 2011) » et permet de mieux comprendre ce fameux plan.

Les encadrés rouges sont des ajouts, ils montrent les développements prévus dans ce projet. La moitié de l’ancien golf est occupée du côté est par 17 bâtiments (présumément des condos) de quatre logements chacun, pour un total de 68 logements. À l’ouest, une petite rue est aménagée en parallèle à Périgny, et on y retrouve quatre bâtiments commerciaux, et ce qui semble être 11 autres bâtiments, pour possiblement 22 logements s’il s’agit de duplex. On parle donc d’un potentiel de 90 logements dans ce plan proposé par Mme Labbé. Par contre, dans la vidéo promotionnelle de 2013 pour « Chambly sur le golf », la petite rue et les logements on disparu; on sait toutefois que la Ville envisage fortement le prolongement de l’avenue Bourgogne à cet endroit.

CCIBC: Julie Daigneault

À ce même débat de la CCIBC, Mme Daigneault disait ceci :

« Il faut se rappeler que 98% de notre territoire, à la ville, est développé et que ce dernier terrain, ce dernier espace vert significatif, c’est le seul et l’unique demeurant au cœur de notre ville. Une fois minéralisé, construit, on ne pourra plus jamais revenir en arrière. Il faut garder en tête que la moitié du terrain de golf est développée par un projet domiciliaire à haute densité déjà, on parle de 40 logements à l’hectare, avec une absence de parc et d’arbres matures. »

« On va devoir avoir le courage politique de décider, faire des choix pour l’ensemble des citoyens de notre ville, nous assurer que cet espace soit voué prioritairement à des fins de conservation pour les générations à venir. »

« Il faut (…) évaluer, avec le propriétaire, les différentes solutions possibles. L’achat en est une, mais il y a aussi d’autres alternatives, des combinaisons de solutions permettant à des propriétaires de se départir d’immeubles. Un don écologique certifié permet d’importants avantages fiscaux pour les propriétaires qui font don d’une terre ou d’un intérêt foncier partiel à un organisme admissible, tel un gouvernement ou une Ville. »

« La pression pour mettre un frein à l’étalement urbain est très forte, la densification ne doit pas se faire sans que des gestes concrets pour protéger notre environnement soient posés. »

« Le parc écologique doit être considéré comme un projet qui viendra équilibrer la densification dans notre centre-ville, compenser la perte de certains espaces verts en raison de la densification. »

Le financement – Alexandra Labbé

Selon la candidate Labbé, toujours au débat de la CCIBC :

« Il faudra arriver avec un plan solide de financement pour la gestion de ce précieux espace et son aménagement. La nature reprend ses droits mais elle a besoin d’un coup de main pour lutter contre les espèces envahissantes, pour reboiser, ça prend des sous. Les coûts de cet ambitieux projet sont équivalents aux investissement prévus chaque année sur l’ensemble du territoire de Chambly, mais c’est un beau défi que je suis prête à relever. »

Dans ses déclarations, la mairesse est passée de « cinq années de taxes foncières (…) et aujourd’hui personne ne regrette cet achat » (en 2019) à « investissements prévus chaque année », donc une fraction des taxes foncières d’une année (pour lesquels il faudra un « plan solide de financement ») comme étalon de mesure de l’ampleur de la dépense. Si on se reporte au budget de la Ville de Chambly pour 2021, cet étalon a donc diminué de 85,7%.

Pas étonnant, sachant que, dans sa publication du mois d’août, Mme Labbé avait affirmé vouloir réaliser ce projet « sans endettement supplémentaire », ce qui serait fort inhabituel (et pas souhaitable) pour un projet de cette envergure.

Le financement – Julie Daigneault

Lors d’un rassemblement au parc Georges-Pépin, le 30 octobre, et en présence du propriétaire de l’ancien terrain golf, M. Barry McLean, Mme Daigneault ajoutait d’autres possibilités pour l’acquisition du terrain de M. McLean :

  • Subventions
  • Servitude de conservation
  • Réserve naturelle en milieu privé
  • Donations, dons écologiques
  • Ententes de gestion, d’aménagement et de mise en valeur
  • Mise à contribution d’entreprises privées et de fondations

Mme Daigneault a cité en exemple plusieurs villes qui ont leur espace protégé : Longueuil (parc Michel-Chartrand et parc-nature de la Cité), Saint-Jean-sur-Richelieu (parc naturel des Parulines), Boucherville (boisé du Tremblay), Sainte-Julie (acquisition récente de 18 lots).

La candidate a aussi mentionné que l’aménagement de l’espace comportait des défis techniques (sécurité aux abords de la rue Daigneault et de la route 112).

Rassemblement de Démocratie Chambly du 30 octobre

Ce rassemblement a été la seule action forte d’appui à cet espace vert pendant la campagne. Julie Daigneault y a souligné les différences entre le projet qu’elle propose et celui d’Alexandra Labbé :

« Jamais, pas une seule fois, j’ai entendu un politicien de Chambly promettre de ne pas construire sur cet espace. Alors aujourd’hui, moi Julie Daigneault, en compagnie des candidates et candidats de Démocratie Chambly, promets que si je suis élue à la tête de Chambly le 7 novembre prochain, vous pourrez cesser d’être inquiets quant au futur parc écologique. Je ferai tout en mon pouvoir pour que cet espace soit vert et écologique. »

À noter la différence entre un parc nature (proposé par Alexandra Labbé) et un parc écologique (proposé par Julie Daigneault), différence décrite brièvement à la fin de notre texte du mois d’août. Les parcs écologiques laissent une plus grande place à la nature et coûtent moins cher.

Les options

Une candidate parle du plan de 2011, qui prévoyait la construction d’un nombre logements situé entre 68 et 90 (à moins qu’il n’existe un autre « plan de 2011 »). L’autre veut que cet espace soit vert et écologique.

Le Journal de Montréal consacre un article à ces deux visions dans son édition de ce matin (samedi 6 novembre 2011).

La suite après les élections.