Note: cet article a été mis à jour le 7 octobre 2025. Voir les derniers paragraphes du texte.

À l’assemblée du décembre 2023, le conseil municipal de Chambly adopte une longue résolution (point 5.13) au sujet de l’Autorité régionale de transport métropolitain (l’ARTM, qui chapeaute la société exo) qui est sous-financée et en sérieux déficit (550 M$ en 2022).

Un citoyen demande comment cette résolution se traduira dans les faits. Voici quelques phrases tirées de la réponse de la mairesse :

« Ça commence, il y a plusieurs solutions qui ont été proposées (…), il faut commencer à passer de la parole aux actes. On a des solutions sur la table (…) Augmenter la tarification au niveau des plaques d’immatriculation (…) »

Elle parle aussi de taxe kilométrique et répète qu’il faut passer de la parole aux actes, « parce qu’on doit arriver à un nouveau financement puis rapidement. »

En réunion extraordinaire, le 30 mai 2024, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) passe justement de la parole aux actes : la taxe sur l’immatriculation des véhicules de promenade est augmentée de 150$, afin de combler le « déficit anticipé de plus d’un demi-milliard de dollars » en 2025.

La mairesse sera sûrement ravie, cette taxe est le premier exemple (de seulement deux) qu’elle a cité. Elle va certainement féliciter la CMM.

Volte-face

Mais non, au contraire. À peine cinq jours plus tard, à l’assemblée de juin 2024, le conseil présente une autre longue résolution (point 5.7), cette fois pour dénoncer la taxe que la mairesse avait appelée de ses vœux.

Jean-Philippe Thibault déchire sa chemise devant cette injustice et encense sa mairesse :

« Je tiens à (…) féliciter madame Labbé et son travail de représentation publique sur le dossier. Et je remercie le conseil devant vous ce soir d’avoir pris une position claire sur le dossier et d’avoir été au front, contrairement aux couronnes du nord, qui ont pas pris position (…) »

Cette affirmation est fausse. La couronne nord a pris position : dans l’assemblée extraordinaire de la CMM où cette augmentation de taxe a été votée, le maire Sébastien Nadeau, de l’Assomption, un des quatre représentants de la couronne nord, a expliqué son vote favorable pendant près de trois minutes :

« Alors aujourd’hui je voterai pour une résolution en ayant au fond du cœur un lourd sentiment d’échec. Je souhaite que ce sentiment soit partagé par tous les acteurs du transport en commun. (…) »

Plus tard :

« Si j’appuie aujourd’hui cette résolution, c’est parce que la CMM accepte de se remettre en question, souhaitons la même chose du gouvernement du Québec. (…) »

Alors, Madame Labbé est-elle favorable à cette taxe ? Certains jours oui, d’autres non…

Ajout du 7 octobre 2025

Nous avons parlé ci-desus de la cohérence en politique d’Alexandra Labbé, qui a fait voter une résolution en décembre 2023 pour s’attaquer au problème de sous-financement de l’Agence régionale de transport métropolitain (ARTM).

La mairesse avait dit :

« Ça commence, il y a plusieurs solutions qui ont été proposées mais maintenant faut les mettre en place (…), il faut commencer à passer de la parole aux actes. On a des solutions sur la table (…) Augmenter la tarification au niveau des plaques d’immatriculation(…) il y a plusieurs tables de discussion, mais là il va falloir passer de la parole aux actes parce qu’on droit arriver à un nouveau financement, puis rapidement. »

Donc, deux fois, la mairesse dit qu’il faut passer de la parole aux actes, elle ajoute « rapidement » et donne comme premier exemple la tarification « au niveau des plaques d’immatriculation ».

Six mois plus tard, son souhait est réalisé, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) vote pour l’augmentation de la taxe sur les véhicules de promenade, le premier exemple (de seulement deux) qu’elle avait donné comme suggestion.

Cinq jours après, toutefois, la mairesse dénonce que la CMM soit passée de la parole aux actes et une résolution du conseil dénonce cette décision. Tout cela est expliqué ci-dessus.

La meilleure partie

Mais la meilleure partie nous avait échappé. À cette assemblée, un citoyen demande des précisions sur la position de la Ville. Et la mairesse lui répond :

« Je vous dirais que, principalement, ce qui est reproché [à la taxe sur les immatriculations] c’est la hâte avec laquelle on adopte cette solution-là, sans avoir exploré toutes les autres sources de revenus (…) »

Vous avez bien lu. Après avoir dit deux fois qu’il fallait passer des paroles aux actes, et avoir ajouté qu’il fallait faire rapidement, la mairesse dénonce la hâte (six mois, tout de même) avec laquelle sa propre suggestion a été adoptée.

On imagine qu’il aurait fallu, comme le suggère un très vieux dicton, « se hâter lentement ».