
Sans surprise, l’assemblée publique de consultation du 20 février dernier a été conçue de façon à limiter autant que possible la possibilité pour les citoyens de s’exprimer.
- L’animateur Vincent Gagnon a annoncé au début de la période d’Intervention des citoyens qu’il était prévu que celle-ci se termine à 21h (il était alors 19h47). C’était la première fois à Chambly qu’une assemblée publique de consultation était limitée dans le temps. L’ancien maire Denis Lavoie avait prévu une telle règle de durée limitée (à 30 minutes à peine) quand il avait cherché à priver les Chamblyens de leur possibilité d’approbation référendaire, et la réaction avait été très négative. Au bout du compte, l’assemblée s’est terminée vers 21h25, mais plus elle avançait, plus l’animateur mentionnait l’heure souvent.
- L’animateur a aussi annoncé que les interventions seraient limitées à deux minutes, alors que l’écran derrière lui indiquait trois minutes. Au bout du compte, personne n’a été interrompu pendant ses interventions, mais chaque citoyen intervenant se sentait obligé de faire vite pour ne pas risquer de se faire couper la parole ou le micro, l’animateur rappelant à quelques reprises aux gens de se dépêcher.
Signalons que les limites sur la durée des interventions ou de la soirée n’avaient pas été mentionnées à l’avance dans les publicités annonçant l’assemblée. - Le concept même de consultation publique a été bafoué, l’animateur décrivant la partie où les citoyens pouvaient s’exprimer comme une « période de questions » (il l’a fait à plusieurs reprises, par exemple ici, ici et ici juste dans les deux premières minutes de la soirée), alors que les citoyens avaient parfaitement le droit de ne poser aucune question et de simplement exprimer leur opinion sur le projet. Quelqu’un aurait dû chercher le mot « consultation » dans un dictionnaire.
Mentionnons l’article 127 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (premier alinéa) : « Au cours de l’assemblée publique, celui par l’intermédiaire duquel elle est tenue explique le projet de règlement et entend les personnes et organismes qui désirent s’exprimer. » - Peut-être le plus invraisemblable : les citoyens devaient poser leur question et aller s’asseoir. L’animateur en faisait passer trois, puis il reposait les questions aux personnes qui devaient y répondre. Déjà, le fait que chaque question était ainsi posée deux fois était une perte de temps, mais on frisait l’absurde quand les personnes tentant d’y répondre n’avaient pas bien compris la question. Dans ces cas (et ils se sont produits), ce n’était pas le citoyen qui expliquait sa question, mais l’animateur qui essayait d’expliquer ce qu’il croyait avoir compris de la question.
Évidemment, le but de la manœuvre, c’était d’éviter que les citoyens puissent « répondre à la réponse », comme « ce n’était pas le sens de ma question » ou « mais dans ce cas, pourquoi avez-vous… ? » ou, encore pire, « la réponse que vous venez de donner est inexacte, car… ».
Mais on devrait pas être étonnés, car la mairesse avait déjà menacé Mario Lambert (candidat à la mairie pour la prochaine élection) de l’obliger à aller s’asseoir avant qu’elle commence à répondre à ses questions, afin de le réduire au silence.
Au cours de la soirée, la mairesse a aussi (finalement) indiqué (c’était la troisième fois que la question lui était posée) que les commentaires soumis suite à la présentation du 10 octobre ne seraient pas rendus publics.
Les citoyens ont jusqu’au 6 mars pour soumettre leurs commentaires au sujet du projet. Si vous envoyez au Mouvement citoyen de Chambly une copie du texte que vous avez soumis à la Ville, le MCC le publiera sur son site. Prière d’indiquer votre nom, mais si vous préférez qu’il ne soit pas publié, nous respecterons votre demande. Mentionnons que le site Espace Chambly impose une limite de 400 mots, mais la mairesse a expliqué qu’il était possible d’énvoyer des messages plus long par courriel.
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