
Lors de l’assemblée de septembre (2025), pendant son temps de parole, Jean-Philippe Thibault a vanté la signature imminente (qui finalement ne l’était pas tant que ça) du contrat d’acquisition d’une partie du golf par la Ville de Chambly. En nous vantant cette étape, il a ajouté un élément d’information inattendu :
« Aujourd’hui, puis je suis très fier de le dire que nous avons adopté une ultime résolution pour concrétiser cette acquisition, qui finalement au final, sera même un petit peu plus du 70 pour cent. Oui, oui, vous l’avez bien entendu, j’ai dit plus que 70 pour cent. » Il parle ensuite de miracle, plus difficile à réussir qu’un trou d’un coup sur un par 5 (« joke de golf »). Mais il ne donne pas d’information supplémentaire au sujet du « un peu plus du 70 pour cent ».
Demande de précisions
À l’assemblée de novembre, un citoyen le cite et lui demande d’élaborer sur cette affirmation au sujet du dépassement de 70%.
M. Thibault répond que « dans le chiffrement du pied carré ou mètre carré qui est redonné à la Ville, avec l’entente tripartite, on est en haut du 70 pour cent, donc oui, c’est en haut de 70 pour cent. »
La mairesse ajoute qu’il « va falloir attendre le lotissement final » (pour avoir le pourcentage exact), ce que M. Thibault confirme. Mais le citoyen demande s’il serait possible d’avoir « une petite idée – c’est-tu comme 70,1% ou 75% ? »
Sans même lui laisser terminer sa phrase, la mairesse explique que ce sera « un peu au-dessus de 75% », ajoutant « Avec la cession, là, des emprises de rues puis des terrains qui vont être rétrocédés après la fin des travaux des lotissements ».
Mais le 70% a toujours été présenté comme le pourcentage de protection (de l’espace vert), pas du total revenant à la Ville en incluant les rues et autres terrains qui ne seront pas des espaces verts. Voir à ce sujet la résolution adoptée lors de l’assemblée extraordinaire du 22 janvier 2024 :

Tout le monde devrait être d’accord que des rues ne sont pas des espaces verts. Mais la mairesse change (encore une fois) l’histoire, affirmant : « Ça a toujours été, non, ça a toujours été acquisition municipale, avec plusieurs fins. Je pourrais pas vous faire la liste, là, je l’ai pas sous les yeux. »
Non, le 70% n’a pas « toujours été » une « acquisition municipale, avec plusieurs fins »
Dans la majorité des communications de la Ville depuis près de deux ans, on parlait de protection de 70% de l’ancien golf (on omettait toujours la formulation « de la partie non encore développée de l’ancien golf »).
Lors de l’assemblée publique de consultation sur le projet (20 février 2025), la présentation incluait la diapositive suivante :

Les élus eux-mêmes ne se sont pas privés de parler d’un parc, notamment lors de cette fameuse assemblée extraordinaire de janvier 2024 :
« Le parc, quand même, le 70% d’espace vert, va être disponible à tout le monde. »
« Le 70% qu’on conserve, qui va rester, là, en parc, disons ça comme ça (…) »
(…) sur le site de l’ancien golf, c’est un élément important et c’est pour ça qu’on veut en acheter 70% et le préserver, le mettre en valeur et donner accès à nos citoyens à ces milieux humides-là, donner accès à la nature (…) »
Plus récemment (le 4 juin 2024), Jean-Philippe Thibault :
« Durant ma campagne électorale, j’ai toujours martelé que nous devions protéger au moins 70% tout en étant financièrement responsables de cet espace. »
(Rappelons qu’il n’existe aucune trace de ce prétendu martèlement.)
Dernière tentative d’obtenir une réponse de la mairesse
Pour revenir à la période de questions de l’assemblée de novembre 2025, le citoyen tente une dernière fois d’avoir la réponse à sa question : « Ok. Quel pourcentage est protégé ? »
La mairesse ferme cette porte et lui indique clairement, tout en affirmant le contraire, qu’il n’aurait pas la réponse à sa question : « Là, là, j’ai pas ces, ces, j’ai, je vous répète, on n’a pas le lotissement final, je n’ai pas ce fin pourcentage-là. Vous avez votre réponse. Merci ! »
À ce niveau de non-réponse, la question qu’on ne peut s’empêcher de poser est : le pourcentage de protection serait-il inférieur à 70%, et ce serait la raison pour laquelle on sort une nouvelle définition du chiffre, tout en affirmant qu’il dépassera les 75% ?
Il est évidemment également possible que le 70% de protection (ou « conservation ») sera respecté, et que ce changement de définition n’ait pour but que de pouvoir se vanter que la Ville ait livré au-delà des attentes. Dans ce cas, pourquoi ne pas plutôt affirmer que la Ville a respecté ses engagements (en supposant que ça finisse par être le cas) plutôt que de créer une telle confusion ?
Une autre possibilité est que la Communauté métropolitaine de Montréal ait signalé à la Ville que les pistes cyclables et/ou le parc pour enfants ne pouvaient être considérés comme faisant partie du 70% protégé, ce qui aurait amené l’équipe Labbé à adapter son discours. À suivre.
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